En 1989, la chute du mur de Berlin, suivie deux ans plus tard de l’implosion de l’URSS paraissaient ouvrir une nouvelle ère, « fin de l’histoire » et « mondialisation heureuse » mêlées. Pourtant, à rebours de cet idéal de paix, il a fallu moins d’un an pour que Bill Clinton, à peine élu, fasse sienne la vision d’un « monde dans lequel les Etats, comme les entreprises, sont engagés dans une compétition sauvage sur les marchés mondiaux. »
Des cendres de la guerre froide semble s’être dégagée une nouvelle guerre ; non plus bipolaire mais de tous contre tous, non plus politique mais avant tout économique. Guerre du gaz, guerre de l’acier, guerre de la banane, guerre des subventions agricoles et bien d’autres encore constituent aujourd’hui autant d’affrontement entre les nations. C’est ainsi en tout cas que les tenants de la guerre économique dépeignent le nouveau paysage international.
Qu’en est-il réellement ? Le monde actuel est-il en proie à une nouvelle guerre dont les entreprises sont les bataillons et les chômeurs les victimes ? ou alors cette conception ne s’apparente-t-elle pas à une prophétie autoréalisatrice qui, à force d’être assénée, prend réellement forme alors qu’un autre ordre mondial aurait pu surgir ?
Autant de questions auxquelles les participants de notre colloque vont s’efforcer de répondre en dressant un panorama de l’historique, des acteurs et des enjeux de la notion de guerre économique. Ce travail d’élucidation est d’autant plus important que la crise mondiale que nous traversons impose de se détacher d’un certain nombre de schémas hérités afin de percevoir ce qu’est devenu le monde et ce que nous voudrions qu’il soit.

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